Irréel. C'est le mot. Tout ça est bien trop irréel. Imprévu. Incroyable. Impensable.
De jour en jour, de nouvelles surprises, toujours plus... cinglantes, telles le jet glacé d'une douche dont la température serait mal réglée, comme par accident.
Au détour, on m'attend. Toujours.
"J'peux plus tu comprends Marion, j''en suis incapable" (Ca arrive, ouais, des fois.)
Mais je t'en pris chérie, fais comme chez toi... C'est si dommage. Du gâchis, de la bouillie, mélasse, cambouis, pétrole, intoxication.
Tout était si beau. Trop chatoyant, trop parfait, trop réconfortant.
A quand l'implosion ?!
Comment tout démêler ? Comment enfin comprendre, réaliser, accepter sans broncher ?!
Etre solide, un peu. Se hisser hors de ce putain d'océan dégueulasse. Fermer les yeux, savourer ce souffle dans mon cou, apprécier le timide soleil de cette fin de mois de février, ne plus penser, ne plus penser, ne plus penser... Et pourquoi pas, apprendre à rêver, à se souvenir, mieux aimer, s'appliquer, réaliser bordel, réaliser.
Eh, dis moi puce, pourquoi tu t'effondres comme ça ? Quoi, c'est trop dur !? Mais c'est la vie ma vieille, c'est ça c'qu'on appelle la vie. Ce long chemin tortueux, étroit, sombre et semé de crevasses. C'est ça ma jolie, c'est ça, t'es en plein dedans !
Il faut apprendre à tolérer, se modérer, se résigner. Mais est-ce bien fini ? Ne me reviendras-tu jamais, jamais, jamais ? Est-ce que t'as promis quelque part que tout était terminé ? Est-ce que tu n'aurais pas, à tout hasard, les yeux un peu clos ?
Je marche en tâtonnant, ou alors, je suis assise sur le canapé de la solitude dans un appartement trop grand avec des gens trop peu connus, trop d'ivresse et pas assez de tendresse.
Des besoins démesurés, sûrement, des exigeances aussi hautes que le point culminant de l'Everest, aussi.
Une errance sans fin, un couloir sans lumière, une existence incompréhensible, des pierres dans la gueule.
Reste plus qu'à espérer que cette douce mélodie continue à me bercer à m'envelopper lentement mais sûrement, que je conserve l'harmonie et que le fond noir s'éclaircisse petit à petit.
( D'ici le 28 avril, ce serait possible, s'il vous plaît ? )